Des documents datés témoignent de l’ancienneté des foires et du marché de Sainte-Pazanne. Si la dernière foire, celle de la Saint Yves en mai 1954, a disparu, le marché du vendredi subsiste place de l’ancien champ de foire après avoir été déplacé plusieurs fois au cours des siècles.

Un aveu du 10 janvier 1749, rendu au roi par « Demoiselle Anne Robert, dame du Moulin-Henriet, sœur et héritière de Charles Louis Robert, seigneur de Sainte-Pazanne », précise ses droits de foire et de marché. Un tiers de ces droits revenait en effet au seigneur, les deux autres tiers étant levés par le fermier du roi. Ce même aveu laissait entendre que le marché se tenait dans une halle édifiée au début des années 1720 place actuelle de la Hunaudais dans des bâtiments qui existent toujours, restant parmi les plus vieux du bourg.

Avec l’abolition des droits féodaux pendant la Révolution, la halle n’est plus seigneuriale. Cependant, la place et les bâtiments accueillent toujours le marché. Non sans difficultés, car les denrées sont rares et chères. D’autant que des « petits malins » achètent beurre, œufs et volailles avant que ces marchandises n’arrivent à destination et que le marché soit ouvert. Le conseil municipal est obligé de prendre un arrêté pour punir les fraudeurs.

 

 

 

 

Le côté des halles réservé au marché aux poissons, fruits et légumes

 

 

 

L’église ayant été détruite par un incendie en septembre 1793,  et le culte ayant été rétabli après la signature du Concordat, la commune loue la halle de la Hunaudais pour que la messe y soit célébrée. Il en est ainsi jusqu’à l’ouverture de la nouvelle église en 1819. Pendant ce temps, le marché se déroule toujours place de la Hunaudais avant d’être déplacé près de l’église en 1831.  En 1874, il est transféré dans la cour de l’école, sous un hangar (l’actuelle salle Tournemine), puis, en 1881, dans l’église désaffectée et transformée en halle.

En 1901, le conseil municipal vote la démolition de cette deuxième église pour doter la place d’une halle moderne à structure métallique. En 1905, la nouvelle place des halles devient le cadre naturel du marché (au beurre à l’est, aux poissons, fruits et légumes de l’autre côté). Soixante ans plus tard, et bien des vieux Pazenais le regrettent encore aujourd’hui, ces halles au « look Baltard » sont démolies. Le vieux marché connaît alors son ultime déplacement sur la place de l’ancien champ de foire et dans une petite partie de la rue du Général de Gaulle.

 

 

 

 

 

 

 

 

Jour de marché pendant la construction des halles

 

 

 

Droits de place et de stationnement en 1907

Pour un panier de beurre, volaille, tenu à la main, 0,10 F ; pour une cage à poulets, à lapins, 0,10F ; pour une brouette, civière, sacs à denrées, 0,05F ; étalage à l’intérieur de la halle, 0,35 F le mètre carré ; étalage déballage extérieur, 0,25 F pour un mètre de large ; voiture de marchandise, 0,25 F le mètre carré ; voiture de déballage de passage, 0,20 F par jour ; voiture ordinaire vide laissée sur place, 0,20 F ; voiture dite baladeuse stationnant sur une place, 0,20 F.

 

Société historique

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